Du 2 au 4 mars : Gabrielle, Eric et Paul sont allés à Grande-Synthe

Gabrielle, Eric et Paul sont allés à Grande-Synthe du 2 au 4 mars. Voici le compte-rendu de leurs actions et observations sur place.

Gabrielle :

"Paul, Eric et moi somme arrivés à Grande-Synthe mercredi 2 mars vers 16h. Après quelques échanges avec la police sur place qui gèrent les entrées et sorties du camp et qui ne nous ont pas laissés entrer, nous partons retrouver Yann Manzi, responsable de l’association Utopia 56. Il nous explique la situation ici, à Calais, et évoque un truc horrible qui s’est passé ce jour : on apprendra le lendemain par la presse qu’il s’agissait des lèvres cousues des deux refugiés iraniens.
La coordination associative du nouveau camp est confié par la mairie de Grande-Synthe à l’association Utopia 56 (décision du mardi 1er mars).
Yann n’a que 15 min a nous consacrer. Nous prenons le numéro de Jean, le chef de chantier bénévole qui nous accueillera le lendemain matin.

Le lendemain à 8h, nous retournons au camp. Pas de police, on entre, tout le monde dort encore, un réfugié nous fait une visite guidée du camp. Il pleut, il y a beaucoup de boue, il fait très froid. A 9h, le décathlon ouvre : nous achetons 7 paires de gants pour les réfugiés qui nous accompagnent, puis nous filons vers le nouveau camp retrouver Jean et les autres bénévoles. Notre guide réfugié souhaite venir avec nous et aider à la construction du nouveau camp, nous partons donc tous les 4.

Le déménagement vers le nouveau camp est prévu le 7-8-9 mars : appel à bénévoles.

Coincé entre l’autoroute, et le chemin de fer, le nouveau camp est installé sur le site d’une ancienne usine linière. Des grands bâtiments en dur, des entrepôts. La commune a répandu du sable de mine sur une grande étendue. Dessus, les équipes de MSF, des pros, montent des petites cabanes. A vue de nez, deux-cent sont déjà prêtes, hors d’eau, hors d’air. Ce sont des petites habitations, plus proches de l’abri de jardin, elles font entre 6 et 7 mètres carrés, et selon les versions elles devront accueillir entre 3 et 5 personnes. A noter que si MSF fournit sommier et matelas, elle ne fournit pas draps, couvertures, etc...

Notre première mission de la journée est de trier un conteneur. Au bout d’une vingtaine de minutes, on nous arrête : les conteneurs sont infestés de puces et un service d’enfumage doit arriver.

Nouvelle mission : mettre des palettes au sol dans les tentes associatives (pour ensuite venir fixer des panneau d’agglo). Le sol est rocailleux, il y a très peu d’outils et les palettes ont des tailles différentes ! A partir de là, on joue à Tétris ! Et on parvient à créer deux surfaces presque à peu près, approximativement et en gros, à niveau.
Plus tard dans l’après-midi Paul et moi retournons au camp de Grande-Synthe. Direction la cuisine où nous discutons avec une bénévole, anglaise, qui nous apprend qu’ils arrêteront la restauration sur le camp actuel jeudi prochain, pour reporter l’activité vers le nouveau camp.
Nous rencontrons Zoé de l’école -qui est épuisée- Ils auront leur école en dur dans le nouveau camp, en attendant qu’elle soit construite, ils seront installés dans une grande tente associative. Avant de partir elle nous remet les lettres pour les enfants de Brest !

Là je vous écris, nous sommes sur le trajet du retour. Comme beaucoup, nous rentrons le cœur serré avec cette colère.

Mais il y a du bon à venir, en tout cas "du un petit peu meilleur" : Le nouveau camp.
Mais il y a un des problèmes de transmissions d’informations : à Grande-Synthe, beaucoup ne veulent pas déménager. Les familles acceptent le transfert mais beaucoup d’hommes, jeunes, seuls, le redoutent, et ils sont la majorité. Ils craignent qu’on prenne leurs empreintes et de ne plus pouvoir être libres dans leurs déplacements. Des craintes excessives ? On ne peut pas leur répondre. D’autres se méfient de la promiscuité avec des personnes qu’ils n’ont pas choisies. On sent derrière cela des tensions internes sur lesquelles on ne s’étend pas. La grande question est : que vont faire et devenir ceux qui ne veulent pas intégrer le nouveau camp ?... Les bulldozers attendent pour raser la jungle. Personne ne regrettera cet endroit. Mais après...

Gaël d’Utopia 56 (le fils de Yann) va coordonner les associations du nouveau camp. Jeudi c’était son premier jour et il n’avait pas tous les éléments. Mercredi nous étions une vingtaine de bénévoles. A terme, selon Yann, il faudrait 130 bénévoles par jour pour faire tourner le nouveau camp. Il faut préciser que ce nombre inclus toutes les associations qui amènent aussi leurs bénévoles. Les infos que l’ont a pu glaner ne sont pas encore très claires concernant la répartition des tâches.
Utopia 56 devient l’acteur majeur reconnu par les autorités et soutenu par la Mairie. Pour intervenir sur Grande-Synthe, et cela joue aussi pour Calais, chaque personne doit adhérer à l’association Utopia 56 qui, de ce fait, sera couvert par leur assurance. Yann assure qu’il n’y a pas de problème d’hébergement à la condition – et c’est nouveau – de s’inscrire 3 jours avant le départ."

Utopia 56

Utopia 56 a besoin de volontaires, ils ont le savoir faire et les moyens de mener l’organisation. A nous d’organiser les déplacements depuis le Finistère ! Le collectif Aidons les réfugiés - Brest aide au financement de l’essence et des péages, manifestez vous ici : contact.aidonslesrefugies@gmail.com
Voici leur site internet pour vous faire une idée : http://www.utopia56.com/

Ils sont en première ligne, apportons leur toute notre aide !

Prochaine réunion mercredi 9 mars à 19h à la MPT Harteloire. Venez donc prendre un poste dans l’organisation finistérienne !

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